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Anecdotes croustillantes sur le Tour de l’Abitibi – Partie 2

Anecdotes croustillantes sur le Tour de l’Abitibi – Partie 2

Du 16 au 22 juillet se déroule la cinquantième édition du Tour de l’Abitibi à Val-d’Or. La semaine dernière, on a recueilli pour l’occasion plein d’anecdotes croustillantes racontées par des gens qui se sont impliqués dans le Tour. Tu peux d’ailleurs les lire ici : Anecdotes croustillantes sur le Tour de l’Abitibi – Partie 1.  On en voulait encore plus, alors voici la partie 2!

Des années légendaires

Léandre Normand fondateur Tour Abitibi

Léandre Normand, le fondateur du Tour de l’Abitibi.

Pour la deuxième partie de cet article, j’ai pu communiquer avec Léandre Normand, le fondateur du Tour de l’Abitibi. Tu peux t’en douter, il ne manquait pas d’anecdotes à me raconter. Il s’en est passé des moments marquants pendant les cinquante années d’existence du Tour! Il me racontait entre autres qu’en 2014, le titre de meilleur champion aux points a failli être donné au mauvais coureur. Chaque année, Léandre fait sa propre compilation des résultats du Tour de l’Abitibi et cette fois-là, son résultat ne correspondait pas avec celui des commissaires. Selon lui, c’était un autre coureur qui se méritait le titre avec seulement une seconde d’avance. Alors que la remise des maillots était sur le point de se faire, il est allé avertir les juges. Une autre vérification a été faite, et les commissaires lui ont finalement donné raison!

Léandre me parlait aussi de certaines éditions qui ont marqué l’histoire du Tour de l’Abitibi. Par exemple, c’est en 1977 qu’a eu lieu la première participation d’une cycliste féminine. À l’époque, Carole Vanier faisait partie d’une équipe masculine québécoise. Quelques années plus tard, en 1980, ce fut la première fois qu’une femme occupa la fonction de commissaire en chef. Puis, ce n’est qu’en 1990 que la première équipe entièrement féminine participa au Tour de l’Abitibi.

Il faut aussi savoir que l’événement a un grand impact au niveau international. C’est même la plus importante course par étapes au monde dans la catégorie Junior. Depuis ses tout débuts, ce sont 45 pays qui y ont participé. En 1981, ce fut la première fois qu’une équipe européenne participa au Tour de l’Abitibi. Comme me disait Léandre, les européens « ont tout balayé » cette année-là.

Équipe féminine tour de l'abitibi

L’une des premières équipes féminines à avoir participé au Tour de l’Abitibi.

équipe France tour de l'abitibi

L’un des cyclistes de l’équipe de France en 1981. C’est la première équipe européenne à avoir participé au Tour de l’Abitibi.

Des courses hors du commun

Lorsqu’on parle du Tour de l’Abitibi, on ne peut pas passer à côté de Marc Lemay, qui a été coureur pendant trois années consécutives ainsi que directeur technique pendant cinq ans. Lui aussi avait donc beaucoup de choses à me raconter.

Il m’a d’abord parlé de la course des serveurs, qui a eu lieu il y a quelques années de cela. Comme son nom l’indique, les participants de cette activité étaient des serveurs qui devaient se rendre d’un point à un autre avec un cabaret sur lequel ils transportaient des bières. L’objectif était de ne pas en échapper par terre. Le trajet se faisait au même endroit où les cyclistes devaient passer peu de temps après. Le seul problème : les bières étaient dans des bouteilles de verre. Lorsque quelqu’un en échappait, le verre se cassait et ce n’était pas facile à ramasser. Tu peux imaginer la suite… Quand les coureurs arrivaient à toute vitesse, plusieurs d’entre eux faisaient des crevaisons. On peut supposer que les organisateurs de la course des serveurs ont regretté le choix des bouteilles en verre!

Marc m’a aussi parlé d’une ancienne étape qui faisait anciennement partie du Tour de l’Abitibi, le trajet La Sarre – Amos. Sur cette route, les cyclistes croisaient plusieurs voies ferrées, dont une qui était en diagonale. C’était l’un des endroits où il y avait le plus de chutes. La décision de recouvrir la voie ferrée d’un tapis a donc été prise, pour la sécurité des coureurs. Toutefois, le tapis a été oublié sur le chemin de fer après la course… Lorsqu’un train est ensuite passé par là, il a dû réagir rapidement pour freiner à temps! Heureusement, il a réussi à s’arrêter et aucun déraillement n’a eu lieu. Ce fut tout de même la dernière fois qu’un tapis fut placé sur une voie ferrée pendant une course.

Marc Lemay tour de l'abitibi

Marc Lemay, du temps où il était cycliste au Tour de l’Abitibi.

course des serveurs tour de l'abitibi

Une participante à la course des serveurs.

course tour de l'abitibi chemin de fer

Des cyclistes passant sur un chemin de fer lors d’une course.

Crédits photos | Société d’histoire d’Amos – Fonds Tour de l’Abitibi

Anecdotes croustillantes sur le Tour de l’Abitibi – Partie 1

Anecdotes croustillantes sur le Tour de l’Abitibi – Partie 1

Du 16 au 22 juillet 2018 se déroulera la cinquantième édition du Tour de l’Abitibi, et c’est Val-d’Or qui en est la ville hôtesse. Pour l’occasion, on a voulu en savoir un peu plus sur l’envers du décor : trois personnes impliquées dans le Tour de l’Abitibi m’ont raconté des anecdotes ou encore des moments marquants qu’ils ont vécus au cours des éditions passées. Prépare-toi, tu ne manqueras pas d’être surpris!

L’équipe médicale, adeptes d’adrénaline et joueurs de tours

Équipe médicale Tour de l'Abitibi

L’équipe médicale du Tour de l’Abitibi. Marie-Ève est la deuxième personne en partant de la gauche.

À la recherche d’anecdotes, j’ai d’abord discuté avec Marie-Ève Dionne. Elle est infirmière dans l’équipe médicale du Tour de l’Abitibi depuis quelques années.

On ne s’en doute pas, être dans cette équipe là, ça veut souvent dire être sur l’adrénaline. Et quand il est question d’adrénaline, on pourrait prendre en exemple chacun des accidents pris en charge par l’équipe au fil des années. Il paraîtrait qu’un cycliste en pleine course est déjà rentré dans une fenêtre de pare-brise… Plus de cent points de suture dans le visage s’en sont suivi. Marie-Ève m’expliquait aussi que puisqu’elle doit toujours être prête à intervenir, la voiture de l’équipe médicale se tient toujours près du peloton de cyclistes. Après qu’un accident se soit produit, l’auto doit réussir à retourner se positionner derrière le peloton. Tu parles d’adrénaline!

L’équipe médicale a aussi sa petite tradition : la « Course Kentucky ». À chaque course de Preissac à Val-d’Or, les membres de l’équipe s’arrêtent au PFK avant de se rendre à Preissac. Arrivés à destination, ils s’installent sur une civière comme ils le feraient sur une table pour déguster leur festin. C’est reconnu, le poulet Kentucky est au menu à chaque course Preissac – Val-d’Or, et l’équipe médicale fait toujours des jaloux!

Marie-Ève s’est aussi tout de suite mise à rire en me racontant les tours que son équipe avait l’habitude de jouer à l’ancien président du Tour de l’Abitibi. Après avoir donné le coup de départ, celui-ci devait se dépêcher à rejoindre la voiture du président, qu’il conduit à la suite des cyclistes. Histoire de lui compliquer la tâche, l’équipe a déjà mis de l’eau sur le siège conducteur. Pas le choix, le président devait continuer sa route avec les deux fesses mouillées!

Des années marquantes pour le Tour de l’Abitibi

Directeur technique du Tour de l’Abitibi depuis de nombreuses années, Bruno Gauthier ne manquait pas d’histoires surprenantes à me raconter. L’une des éditions qui l’a le plus marqué est celle de 2008, qu’il appelle « l’année marathon ».

Il y a dix ans, la décision de faire du Tour de l’Abitibi l’une des étapes de la Coupe des Nations a été prise avec l’Union Cycliste Internationale (UCI). Cela ne pouvait malheureusement pas permettre aux équipes régionales de participer, comme l’équipe du Québec ou celle d’IAMGOLD.  On ne voulait pas les mettre de côté, car le Tour de l’Abitibi représente depuis toujours une belle opportunité pour ces équipes. L’événement s’est donc fait en deux parties : la Coupe des Nations a eu lieu, sans les équipes régionales, puis le Tour de l’Abitibi s’est produit dans sa formule habituelle. Les courses se sont étirées sur dix jours! Un gros défi pour Bruno, qui en était à sa première année comme directeur technique.

Par ailleurs, puisqu’il s’occupe entres autres de la préparation des courses et des tracés, Bruno travaille beaucoup avec les équipes. Il a donc plusieurs instructions à leur donner, mais comme il l’a appris, la communication n’est pas toujours facile.

En 2007, l’une des étapes du Tour consistait à une course contre la montre individuel avec un départ dans les galeries souterraines de l’Ancienne-mine-Lamaque à la Cité de l’Or. Oui, oui, sous terre! Toutes les équipes étaient bien occupées à s’assurer que leurs vélos allaient être descendus au bon endroit… sauf une. Alors que tout le monde s’était mis à la tâche, les membres de l’équipe de l’Ouzbékistan étaient introuvables. Imagine la surprise de Bruno en trouvant finalement l’entraîneur de l’équipe en train de relaxer, une bière à la main. Impossible de lui expliquer qu’il faut descendre les vélos de son équipe sous terre : il ne parlait ni français, ni anglais. Même après avoir essayé de lui expliquer la situation avec des dessins, l’entraîneur ouzbek était toujours confus. Il a fallu que Bruno et ses collègues le fasse monter dans leur voiture jusqu’à la Cité de l’Or pour réussir à lui faire comprendre qu’il devait préparer les vélos de son équipe sous terre. Surmonter la barrière du langage, c’est parfois plus difficile que l’on croit!

Tour de l'Abitibi CLMI épreuve

L’épreuve du contre-la-montre-individuel du Tour de l’Abitibi s’est faite de nombreuses fois avec un départ à 300 pieds sous-terre.

Tour de l'Abitibi départ sous terre

Le Tour de l’Abitibi a eu longtemps une épreuve dont le départ se faisait à la Cité de l’Or dans les galeries souterraines d’une ancienne mine d’or.

Tour de l'Abitibi Val-d'Or Cité de l'Or

Pour de nombreux cyclistes, le départ du contre-la-montre-individuel à 300 pieds sous terre représentait leur première expérience dans une mine.

Tour de l'Abitibi compétition cycliste UCI

Suzanne Fortin, présidente du Tour de l’Abitibi accompagnée de Bruno Gauthier, vice-président et directeur technique lors du Gala Mérite cycliste québécois 2015 au cours duquel Bruno a remporté le Mérite cycliste québécois de bénévole de l’année dans la section route et piste.

Une première expérience hors du commun

Caravane Tour de l'Abitibi

La caravane est le nom utilisé pour désigner l’ensemble des voitures qui suivent les cyclistes lors du Tour de l’Abitibi : voiture du président, juge, équipes, etc.

J’ai finalement parlé avec Suzanne Fortin, présidente du conseil d’administration du Tour de l’Abitibi depuis 2011. Elle avait toute une mésaventure à me raconter, et elle s’est produite lors de sa première année en tant que présidente.

À chaque année, la voiture du président ou de la présidente est la première en avant du peloton. On y amène certains des partenaires financiers importants du Tour dans l’objectif de leur faire vivre la course. Suzanne Fortin m’expliquait que c’est une façon de leur donner un accès spécial à la course. C’est très impressionnant d’être si près des cyclistes en action. Lors de sa première année, la présidente voulait donc à tout prix que les partenaires financiers soient contents de leur expérience. Malheureusement pour elle, la voiture a fait une crevaison pendant la course. On peut imaginer son stress augmenter… Elle m’a confié qu’à ce moment-là, elle s’est même dit qu’elle était en train de vivre le pire moment de sa vie!

Suzanne et ses passagers n’ont pas eu le choix de s’arrêter sur le bord de la route. Le découragement se faisait sentir. Par chance, il y avait des résidents du coin qui s’étaient installés pour regarder la course et qui avaient remarqué la crevaison. Un homme avait même tout ce qu’il fallait dans son garage pour remédier au problème. En dix minutes, le pneu était réparé et la voiture repartait! Il fallait maintenant passer à travers le peloton pour retourner à l’avant.

Au final, les commanditaires ont dit avoir vécu cette journée-là la meilleure course à laquelle ils avaient assisté. Ce n’est pas à tous les jours qu’on a l’occasion de passer en voiture à travers un peloton de cyclistes pendant une course! Le pire moment de Suzanne est donc rapidement devenu l’un de ses meilleurs souvenirs. Tout est bien qui finit bien!

Photo de couverture | Société d’histoire d’Amos – Fonds Tour de l’Abitibi

Y’a longtemps qu’on n’a pas pêché ensemble

Y’a longtemps qu’on n’a pas pêché ensemble

Plusieurs personnes ont un membre de sa famille ou un ami avec qui elles ont partagé un moment spécial le temps d’une pêche. Pour ma part, les moments qui me manquent le plus sont ceux que je passais avec mon père. Pour le décrire, je vous dirais que c’était un gars de bois comme on dit par ici, un vrai de vrai. Il adorait la chasse et la pêche. Même faire la cueillette de petits fruits le rendait heureux tant qu’il se trouvait entouré d’épinettes ou d’eau. On n’avait pas le choix de suivre tant qu’on n’était pas assez vieux pour rester seuls à la maison. Il n’y avait qu’une option possible : suivre ses traces. Mais en fin de compte, ça ne nous dérangeait pas parce que c’était aussi un privilège de partir seuls avec lui pour une excursion dans le bois ou une expédition de pêche.

 

Je me souviendrai toujours de la fois où j’ai pêché mon premier poisson. On était en camping au lac Camille-Roy dans la réserve faunique La Vérendrye. Toute la famille y était, mes parents, mon frère et ma petite sœur. Un soir après le souper, mon père me demande si j’ai le goût d’aller trôler un peu avec lui -n’ayez pas d’arrières pensés, ici trôler n’a pas de 2e sens comme le veut l’expression signifiant flirter. Du haut de mes 8 ans et fière que mon père me propose une petite virée de pêche père- fille, je lui lance un « oui » rempli d’excitation. Sans plus attendre, je me dirige vers la chaloupe pour ne pas qu’il change d’idée ou que quelqu’un d’autre propose de venir avec nous.

lac Camille Roy réseve faunique La Vérendrye pêche

Photo | SÉPAQ, réserve faunique La Vérendrye

Le camping du lac Camille Roy dans la réserve faunique La Vérendrye permet d’unir camping et pêche.

Et c’est parti! On embarque dans la chaloupe et mon père me donne ses quelques consignes habituelles; mets ton gilet de sauvetage, reste assise et touche à rien. Après quelques minutes de navigation sur un lac miroir, mon père me prépare ma ligne avec une de ces trôles rouges et blanches que tout le monde connaît que je lance à l’eau sans plus attendre. Ça ne fait pas cinq minutes que nous avons commencées que je crie en panique : « Papa! Papa! Je pense que j’en ai un! Oui, j’en ai un! Ça tire fort… je pense que je vais l’échapper. Attrape ma canne papa! » Et lui me répond de son ton chaleureux, calme et autoritaire : « tiens bien ta canne ma belle faut pas que tu l’échappes… maintenant ramène le doucement et reste calme tout va bien aller… tu peux le faire toute seule ».

Facile à dire, mais pas facile à faire pour une petite puce de 8 ans qui est un poids plume; tenir une canne à pêche quand on a l’impression que c’est le monstre du Loch Ness qui est à l’autre bout. Au bout d’un moment, que je juge interminable, j’ai les bras en compote, mais j’ai réussi à le sortir toute seule de l’eau. Mon père était super fier de sa petite fille, ça se voyait dans ses yeux. Je venais de sortir de l’eau un énorme brochet qui devait faire au moins 8 livres. Mais l’histoire ne se finit pas là. On était tellement pressés de partir que nous avons oublié la chaîne à poissons pour l’accrocher. Le brochet était vigoureux, il gigotait tellement qu’il a failli passer par-dessus bord. C’est là que le gars de bois (mon père) sort son couteau qui est accroché à sa ceinture (toujours prêt comme un scout) et l’enfonce dans la tête du brochet pour mettre fin à ses jours. Je le regarde bouche bée. Mon père me répond alors en me voyant sans mot : « je n’avais pas le choix sinon il serait retombé dans l’eau ». Pour moi, le plus mémorable n’est pas la torture qu’il a infligée à ce brochet, mais ce moment père-fille le temps d’une chaude soirée d’été.

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Mon premier brochet pêché et sorti seule, à l’âge de 8 ans.

Des histoires de pêche, j’en ai d’autres, mais jamais seule avec lui. Comme il était de bonne compagnie, tout le monde voulait aller à la pêche avec lui. Comme il ne me sera plus possible de partager de nouveaux moments avec lui, je me promets de transmettre sa passion à ses petits-fils. Qui sait? Ils deviendront peut-être des gars de bois 😉

Mon travail de conseillère en séjours

Mon travail de conseillère en séjours

Je travaille comme conseillère en séjours au bureau d’information touristique de Val-d’Or depuis le mois d’août 2017. J’avais entendu, de bouche-à-oreille, que c’était un travail très plaisant et enrichissant pour les étudiants. Laissez-moi vous dire que je ne regrette pas d’y être allée porter mon CV!

Avant de commencer à travailler, je pensais que je connaissais bien ma région. J’avais déjà visité la plupart des villes et de nombreux attraits touristiques, de Témiscamingue jusqu’à La Sarre. Mais je me suis vite rendu compte que j’étais loin d’avoir tout vu!

Les tâches d’une conseillère en séjours

Comme conseillère en séjours, je dois savoir sur le bout des doigts les attraits touristiques de Val-d’Or, les activités organisées, les spectacles, les festivals et l’actualité. Il faut aussi connaître en très grande partie les attraits touristiques offerts en Abitibi-Témiscamingue. Tout cela pour mieux conseiller les visiteurs lors de leur séjour selon la durée de leur visite et leurs intérêts. Mais mes connaissances ne doivent pas s’arrêter là, je dois aussi être au courant du tourisme des autres villes et régions partout au Québec.

Je considère que mon rôle est très important sur l’opinion des gens qui viennent visiter la ville puisque je suis la première impression que les visiteurs ont en venant dans notre belle et grande région. C’est un devoir pour moi d’offrir le meilleur service possible afin qu’ils se réjouissent de leur passage et qu’ils désirent revenir.

Anecdotes

Certains Québécois de la grande ville ont encore de vieilles mentalités par rapport à l’Abitibi-Témiscamingue et croient que nous habitons dans le « Grand Nord ». Je me souviens d’une femme qui est passée au bureau l’automne dernier; elle me disait qu’elle était agréablement surprise et soulagée de voir à quel point la route 117 était dégagée. Elle avait peur que les branches des arbres égratignent sa voiture. Un autre homme nous a déjà téléphoné pour savoir si nous avions une épicerie et de l’eau courante à Val-d’Or.

Pourquoi j’aime mon travail

Je trouve que la ville a beaucoup à offrir et gagne à être connue. Il y a des activités pour tous les goûts en passant par les arts, avec notre magnifique centre d’exposition, aux sports de plein air avec notre Forêt récréative. Été comme hiver, ce n’est pas les activités qui manquent, croyez-moi!

Ce que j’aime le plus de mon travail, ce sont les clients. Ceux qui viennent de l’extérieur et qui sont impatients d’aller tout visiter. La plupart sont très gentils, intéressés par ce que je leur propose et veulent en savoir plus. Je rencontre des gens de partout de la province, mais aussi de différents endroits dans le monde comme l’Australie, les Pays-Bas ou le Salvador. Chaque fois, je leur demande de me parler un peu de l’endroit d’où ils viennent.

Centre d'exposition val-d'or arts visuels

Le Centre d’exposition présente des expositions temporaires d’ici et d’ailleurs différentes à environ tous les 4 mois, en plus d’une exposition permanente changeant à tous les 3 ans environ.

vélo val-d'or Abitibi-Témiscamingue

La Forêt récréative de Val-d’Or offre de nombreuses activités de plein toute l’année: patin à glace, raquette, ski de fond, vélo, vélo de montagne, patin à roues alignées, parc d’entraînement extérieur, cueillette de petits fruits et sentiers pédestres.

Si jamais vous êtes en panne d’idées et vous désirez découvrir de nouvelles activités, passez me voir au bureau d’information touristique de Val-d’Or.

Voyager à travers les gens

Voyager à travers les gens

Je travaille à l’Office du tourisme et des congrès de Val-d’Or depuis de nombreuses années et je suis encore très passionnée par mon travail, car chaque journée ne se ressemble pas. Au fil du temps, j’ai eu le privilège de rencontrer des visiteurs provenant des quatre coins de la planète. Autant nous pouvons avoir un impact sur l’expérience des visiteurs et leur découverte de notre destination, autant ils ont un impact sur nous dans ces rencontres où l’être humain est au centre des souvenirs de chacun. Je me permets de te raconter quelques souvenirs et anecdotes de voyageurs qui m’ont marquée au fil du temps.

De l’Allemagne au Canada

Au milieu des années 90, je faisais beaucoup d’accueil au bureau d’information. Notre destination était encore moins connue qu’aujourd’hui et le simple fait de s’aventurer au-delà de la Réserve faunique La Vérendrye était un exploit en soi pour de nombreux visiteurs. Mais certains touristes étrangers l’ont fait. Je me souviendrai toujours d’un jeune couple d’Allemands dont la dame était enceinte de quelques mois. Ils traversaient le Canada en motorisé et ne parlaient ni le français ni l’anglais. De mon côté, je me limitais au français, à l’anglais et quelques mots d’espagnol (como esta? cerveza por favor et vino tinto!). Nous étions loin de pouvoir communiquer ensemble aisément. Après avoir laissé tomber la gêne de la barrière de la langue, nous avons fini avec imagination et persévérance à nous comprendre. Le jeune couple cherchait de l’information sur les campings le long de leur itinéraire. Ils sont même revenus au bureau plus tard dans la journée pour m’offrir une fleur afin de me remercier. Dans ce cas-ci, un geste vaut mille mots.

La traversée de l’océan avec un motorisé

Grâce à notre travail, nous avons la chance de voyager à travers les visiteurs qui partagent leurs récits de voyage avec tellement d’enthousiasme. Il n’y a pas si longtemps, nous avons reçu un homme originaire de France d’un certain âge. Il avait déjà parcouru les deux côtes américaines longeant ainsi l’océan Atlantique d’un côté et le Pacifique de l’autre et une partie du Canada en solitaire. Dans son récit de voyage, il nous expliquait les ennuis mécaniques qu’il avait eu avec son motorisé. De plus, il lui était presque impossible de réparer son motorisé ici, car c’était un modèle européen qu’il avait traversé en bateau. Il devait le rapporter en Europe afin de le réparer, mais il promettait de revenir avec seulement son sac à dos pour terminer son voyage de plus d’une année.

De la plongée sous-marine à la motoneige

Un couple de la Guadeloupe préparait un voyage de motoneige au Québec. Pour ce faire, ils ont contacté, entre autres, le bureau d’information touristique de Val-d’Or. Pendant plusieurs semaines j’ai échangé avec eux afin de répondre à toutes leurs questions et de m’assurer que tout serait bien organisé à leur arrivée pour un séjour mémorable. Nos échanges sont devenus de plus en plus fréquents et de plus en plus amicaux. Nous échangions sur le temps qu’il faisait (pendant qu’on gelait au Québec avec nos -30 degrés, eux faisaient de la plongée sous-marine pratiquement tous les jours!). Lors de leur séjour, je suis allée les rencontrer le temps d’un déjeuner. Ils avaient même eu l’attention de m’offrir en cadeau une boisson typique des Antilles.

La foire aux questions loufoques

Voici le genre de questions que les visiteurs nous posaient avant que Google ne fasse partie intégrante de nos vies :

Est-ce qu’il y a des pirates de la route dans le parc?

La vaste étendue du territoire de la réserve faunique La Vérendrye a toujours influencé l’imaginaire des gens.

Est-ce que vous avez de l’électricité?

Eh oui, c’est une question qui nous a été posée à quelques reprises. Pourtant, le Village minier de Bourlamaque constitué de maisons en bois rond a été érigé en 1934 et 1935 dans le cadre d’un plan d’urbanisme moderne incluant les égouts et l’électricité.

Est-ce que je risque de me faire attaquer par un ours?

Le risque est faible, en Abitibi-Témiscamingue nous avons des ours noirs et non des grizzlis. Généralement, ils sont dix fois plus effrayés que nous et se sauvent dès qu’ils entendent des humains.

Ce qu’il y a de si extraordinaire dans le fait de travailler dans une région comme la nôtre (qui n’est pas pour le tourisme de masse) c’est que nous pouvons offrir un accueil personnalisé à l’échelle humaine. Je crois que c’est ce qui nous distingue, qui rend notre travail si stimulant et qui nous enrichit personnellement.