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Voyager à travers les gens

Voyager à travers les gens

Je travaille à l’Office du tourisme et des congrès de Val-d’Or depuis de nombreuses années et je suis encore très passionnée par mon travail, car chaque journée ne se ressemble pas. Au fil du temps, j’ai eu le privilège de rencontrer des visiteurs provenant des quatre coins de la planète. Autant nous pouvons avoir un impact sur l’expérience des visiteurs et leur découverte de notre destination, autant ils ont un impact sur nous dans ces rencontres où l’être humain est au centre des souvenirs de chacun. Je me permets de te raconter quelques souvenirs et anecdotes de voyageurs qui m’ont marquée au fil du temps.

De l’Allemagne au Canada

Au milieu des années 90, je faisais beaucoup d’accueil au bureau d’information. Notre destination était encore moins connue qu’aujourd’hui et le simple fait de s’aventurer au-delà de la Réserve faunique La Vérendrye était un exploit en soi pour de nombreux visiteurs. Mais certains touristes étrangers l’ont fait. Je me souviendrai toujours d’un jeune couple d’Allemands dont la dame était enceinte de quelques mois. Ils traversaient le Canada en motorisé et ne parlaient ni le français ni l’anglais. De mon côté, je me limitais au français, à l’anglais et quelques mots d’espagnol (como esta? cerveza por favor et vino tinto!). Nous étions loin de pouvoir communiquer ensemble aisément. Après avoir laissé tomber la gêne de la barrière de la langue, nous avons fini avec imagination et persévérance à nous comprendre. Le jeune couple cherchait de l’information sur les campings le long de leur itinéraire. Ils sont même revenus au bureau plus tard dans la journée pour m’offrir une fleur afin de me remercier. Dans ce cas-ci, un geste vaut mille mots.

La traversée de l’océan avec un motorisé

Grâce à notre travail, nous avons la chance de voyager à travers les visiteurs qui partagent leurs récits de voyage avec tellement d’enthousiasme. Il n’y a pas si longtemps, nous avons reçu un homme originaire de France d’un certain âge. Il avait déjà parcouru les deux côtes américaines longeant ainsi l’océan Atlantique d’un côté et le Pacifique de l’autre et une partie du Canada en solitaire. Dans son récit de voyage, il nous expliquait les ennuis mécaniques qu’il avait eu avec son motorisé. De plus, il lui était presque impossible de réparer son motorisé ici, car c’était un modèle européen qu’il avait traversé en bateau. Il devait le rapporter en Europe afin de le réparer, mais il promettait de revenir avec seulement son sac à dos pour terminer son voyage de plus d’une année.

De la plongée sous-marine à la motoneige

Un couple de la Guadeloupe préparait un voyage de motoneige au Québec. Pour ce faire, ils ont contacté, entre autres, le bureau d’information touristique de Val-d’Or. Pendant plusieurs semaines j’ai échangé avec eux afin de répondre à toutes leurs questions et de m’assurer que tout serait bien organisé à leur arrivée pour un séjour mémorable. Nos échanges sont devenus de plus en plus fréquents et de plus en plus amicaux. Nous échangions sur le temps qu’il faisait (pendant qu’on gelait au Québec avec nos -30 degrés, eux faisaient de la plongée sous-marine pratiquement tous les jours!). Lors de leur séjour, je suis allée les rencontrer le temps d’un déjeuner. Ils avaient même eu l’attention de m’offrir en cadeau une boisson typique des Antilles.

La foire aux questions loufoques

Voici le genre de questions que les visiteurs nous posaient avant que Google ne fasse partie intégrante de nos vies :

Est-ce qu’il y a des pirates de la route dans le parc?

La vaste étendue du territoire de la réserve faunique La Vérendrye a toujours influencé l’imaginaire des gens.

Est-ce que vous avez de l’électricité?

Eh oui, c’est une question qui nous a été posée à quelques reprises. Pourtant, le Village minier de Bourlamaque constitué de maisons en bois rond a été érigé en 1934 et 1935 dans le cadre d’un plan d’urbanisme moderne incluant les égouts et l’électricité.

Est-ce que je risque de me faire attaquer par un ours?

Le risque est faible, en Abitibi-Témiscamingue nous avons des ours noirs et non des grizzlis. Généralement, ils sont dix fois plus effrayés que nous et se sauvent dès qu’ils entendent des humains.

Ce qu’il y a de si extraordinaire dans le fait de travailler dans une région comme la nôtre (qui n’est pas pour le tourisme de masse) c’est que nous pouvons offrir un accueil personnalisé à l’échelle humaine. Je crois que c’est ce qui nous distingue, qui rend notre travail si stimulant et qui nous enrichit personnellement.

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