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Le Jour où j’ai arrêté de vanter la motoneige et que j’en ai fait – Partie 2

Le Jour où j’ai arrêté de vanter la motoneige et que j’en ai fait – Partie 2

par Kristel Aubé-Cloutier

Il y a trois jours, je me préparais pour ma première expérience en motoneige (Lire « Le jour où j’ai arrêté de vanter la motoneige et que j’en ai fait – partie 1). Mon oncle Yves, sa fille et une de ses amies, un couple d’amis de mon oncle Marco et Danielle, ma sœur Kim et moi, avions prévu de se rendre à la Pourvoirie des Iles du Lac Duparquet et revenir le lendemain. Au total, il s’agissait d’une randonnée de 440 km dans laquelle ma sœur et moi, qui n’avions jamais fait de motoneige, devions se relayer la conduite d’une d’entre-elles. Trois jours et 440 km plus tard, je peux maintenant vanter en toute connaissance de cause la pratique de la motoneige en Abitibi-Témiscamingue!

L’ABITIBI-TÉMISCAMINGUE; LE PARADIS DE LA MOTONEIGE… POUR LES NOVICES!

Les gens qui affirment que l’Abitibi-Témiscamingue est le paradis de la motoneige n’ont pas tort! De plus, de nombreux éléments ont fait que je me suis sentie totalement en sécurité et en contrôle, ce qui était parfait pour une première expérience. Bien sûr, je ne peux pas comparer avec d’autres régions, mais je peux vous assurer que j’ai été flabergastée par ce que j’ai vu et vécu! La végétation et le paysage changeaient constamment et étaient à couper le souffle! Parfois rythmés et sinueux, parfois droits et fiers les sentiers étaient toujours très larges. Étant novice en la matière, cette caractéristique me sécurisait beaucoup puisque je n’avais jamais peur d’accrocher un motoneigiste que je rencontrais. J’ai été aussi très impressionnée par la fréquence et la qualité de la signalisation.

Comme je roulais à mon rythme, qui n’était vraiment pas le même que celui de Yves et Marco qui pratiquent cette activité depuis une vingtaine d’années et que Danielle qui a sa propre motoneige depuis six ans, je les perdais parfois de vue. Pourtant, même si je ne voyais pas Danielle rebondir sur sa motoneige ou prendre un virage serré, je savais ce qui m’attendait au tournant d’un virage ou en bas d’une colline. Les petits panneaux jaunes étaient toujours là pour m’avertir! Aussi, les haltes et refuges étaient nombreux nous permettant de s’arrêter de façon sécuritaire souvent et de ne pas nous épuiser.

refuge sentiers motoneige Abitibi-Témiscamingue

L’une des nombreuses haltes sur les sentiers motoneige, à Rivière-Héva.

IL FAUT TOUJOURS UNE HISTOIRE À RACONTER

C’est un fait, les voyages où l’on a vécu une aventure inattendue ou dans lesquels on a une histoire cocasse à raconter sont ceux dont on se souvient le plus. Et bien, nous nous souviendrons certainement de celui-là! Kim et moi n’étions pas les seules à vivre une première expérience. La fille de mon oncle et son amie, toutes deux âgées de 9 ans, faisaient pour la première fois de la motoneige. Lorsque nous sommes parties, elles étaient très excitées de partir à l’aventure. Une vingtaine de minutes après le départ, nous nous sommes arrêtés pour vérifier que tout allait bien. Les deux visages que nous avons découverts dans la carriole n’étaient plus teintés d’amusement, mais plutôt verts ou blancs. Le mal des transports venait de s’inviter à notre randonnée. Après une pause de 15 minutes, nous sommes repartis pour nous arrêter de nouveau une vingtaine de minutes plus loin. Les deux fillettes avaient régurgité leur déjeuner sur la couverture qui les gardait au chaud! Ce fut le début de notre histoire à raconter. Toutes les vingt minutes, nous nous arrêtions pour nettoyer le vomit, consoler et encourager les filles. Nous nous sommes finalement arrêtés à Cadillac pour y faire une pause et diner, ce qui a été très bénéfique pour tout le monde. Les filles se sentaient beaucoup mieux. Elles se sont même endormies dans la carriole après le repas ce qui nous a permis de faire un long bout sans s’arrêter.

carriole randonnée motoneige

Vue de l’intérieur de la fameuse carriole.

Puis, est arrivé un autre lac à traverser qui a non seulement réveillé les filles, mais les a fait vomir de nouveau en plus de leur faire peur. C’est donc à Preissac, avec un peu plus de la moitié du trajet de fait, que nous avons décidé de nous relayer dans la carriole. Yves a donc embarqué dans la fameuse carriole avec l’amie de sa fille. Trente minutes plus tard, tout allait bien. La petite n’avait plus peur et se sentait bien. C’était le tour de la fille de mon oncle…et moi! C’était comme dans mes souvenirs d’enfance; petit et on n’y voyait rien, en plus de quelques éléments en bonus! L’odeur qui régnait dans la carriole était affreuse, le mal du transport de ma cousine était toujours bien présent et la suspension brisée (elle n’a pas toléré le poids de mon oncle qui est très grand et bien bâti). Bref, même adulte je DÉ-TES-TE les carrioles!

Nous sommes finalement arrivés à la Pourvoirie des Iles du Lac Duparquet où les filles se sont amusées toute la soirée. Dimanche matin, les grands-parents de ma cousine ont délivré les deux enfants d’une autre journée de supplice en carriole et sont venus en voiture les chercher à Duparquet pour les ramener à Val-d’Or ainsi que la fameuse carriole. Le retour s’est donc fait avec cinq adultes seulement et quatre motoneiges.

Pourvoirie Duparquet forfait motoneige

La vue de notre chambre à la Pourvoirie des Iles du Lac Duparquet. En plus de la vue magnifique, le repas était délicieux et le service impeccable!

Toujours avec des étoiles dans les yeux, de nombreux motoneigistes m’avaient parlé du sentiment de liberté, de l’esprit de camaraderie et de la beauté des paysages dont on avait droit en pratiquant cette activité. Je n’ai pas été déçue. Sur ma motoneige, j’avais l’impression de flotter sur la neige, de voler à travers les arbres. Seule avec moi-même et entourée d’une nature magnifiquement belle et forte, j’étais effectivement libre. J’ai aussi fait des rencontres formidables : Marco et Danielle. Ce sont deux personnes merveilleuses, simples, drôles, attentionnées et passionnées avec qui il fut extrêmement agréable de voyager. Je pourrai maintenant, en toute connaissance de cause et avec moi aussi des étoiles dans les yeux, décrire les sentiers motoneige en Abitibi-Témiscamingue, expliquer pourquoi il est si agréable d’y circuler, parler de la beauté des paysages ainsi que l’esprit de camaraderie qu’on y retrouve et, croyez-moi, ce serait fait avec passion!

histoire de motoneige aventure

Parce que ça nous prenait aussi une histoire à raconter le dimanche, mon oncle a fait une petite sortie de piste ce jour-là!

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